La dernière parution de Joelle Guillais: La Pesticide. Editeur Jean-Paul Rocher, avril 2008 Photobucket

03 janvier 2007

"Mauvaises Nouvelles Littéraires", le dernier roman auto-produit de Joëlle Guillais

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Mauvaises nouvelles littéraires

Dans ses livres précédents, Joëlle Guillais a souvent mis en scène des personnages, surtout féminins, derrière lesquels se devinaient l’auteur, son expérience et son engagement : Berthe, farouchement déterminée à forger son destin (La Berthe), Irène l’entreprenante et Léone attachée à son métier agricole et à sa terre (La Ferme des orages), Yves, l’auteur à succès associé à Irène et Léone pour traduire des menaces sociales (Barbie rousse)…

Aujourd’hui, à l’occasion d’un événement douloureux, elle nous livre avec beaucoup de sensibilité et un grand talent, les clés de son histoire personnelle.
Une enfance et une adolescence à Alençon (Orne), dans une famille nombreuse et pauvre, une mère et un père aux prises avec des journées de labeur interminables : rien ne destinait la jeune fille à sortir de son milieu. Avec acharnement, bravant les interdits et les difficultés, Joëlle Guillais est devenue universitaire et romancière. Mais à l’ombre de ce succès, se profile la quête incessante d’un père qui s’en alla trop tôt et violemment.

Au cours de singuliers tête à tête amoureux avec une maison devenue au fil du temps, l’abri de la romancière et source d’inspiration, elle évoque son engagement littéraire mais aussi son attachement à la terre rurale qu’elle met en scène à travers des voix souvent excisées.

Puis un jour, c’est le drame. Le havre créatif devient carrefour de haines. De sordides querelles autour de la terre reviennent du fond des âges sur actualité politique et machiste. Mais que peut la littérature contre la violence des hommes ?

Vivement mené, ce récit accablant rappelle au lecteur que la démocratie, la liberté d’expression et les droits des femmes ne sont pas des acquis mais un combat de tous les jours ; jamais gagné.

Une écriture, un style, une affirmation littéraire du « je » au cœur d’une tourmente peu ordinaire servent ce réquisitoire bouleversant contre la bêtise et la malhonnêteté.



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Joelle Guillais

Romancière engagée, Joelle Guillais a d'abord œuvré aux côtés de Michelle Perrot en publiant Histoire du crime passionnel au 19 ème siècle et en contribuant à l'écriture et l'Histoire des femmes avec des récits comme La Berthe : une femme hors du commun dans un monde rural machiste et Agnes E, récit de femme dans un pénitencier suisse.

Sa perpétuelle envie de découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux visages, ne lui a pas fait oublier sa région natale : le Perche, raconté dans plusieurs romans mettant en scène le monde agricole contemporain : Les Champs de la colère, La Ferme des orages, Barbie rousse, sujet tabou, "afin d’en finir avec la lecture nostalgique du rural qui le discrédite au risque de nous rendre autiste à sa diversité et à ses problèmes qui sont les nôtres demain".

Elle a rendu hommage à Pierre Bourdieu dans La teinturerie, un texte drôle et émouvant.

Elle anime des ateliers d'écriture : le roman Les Causeuses rend compte de cette expérience.

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